Aire Libre. Saison 2018-2019

C'est avec plaisir que je reprends le chemin du théâtre de l'Aire Libre pour une nouvelle saison. De nouveau je vais couvrir en reportage photo une bonne partie des propositions, et tâcher de retranscrire au mieux ce que je verrai et entendrai ! merci au passage à l'Aire Libre pour son accueil.

Comme l'année dernière la programmation s'articule avec d'autres événements rennais comme le festival TNB, les transmusicales et le festival Mythos. La soirée de lancement était plutôt alléchante. N'hésitez pas à consulter le programme sur le site de l'Aire Libre !

Annonce programmation Aire Libre 18-19 -
 
Annonce de la programmation

Soirée de lancement, tous les aperçus et descriptifs de la saison sont disponibles ici : programme saison

Alexis HK - Comme un ours
 

Alexis HK revient avec un nouvel album, "Comme un ours". Je n'étais pas familier de son univers, c'était donc une découverte. Pour l'occasion nous avons pu assister à une mise en scène de son univers très soignée. Il a pour cela bénéficié du soutien et du talent de Nicolas Bonneau, que nous avions pu croiser en toute fin de saison dernière à l’Aire Libre avec "Inventaire 1968, un pavé dans l'histoire". Pour le coup, plutôt qu'un récital, les textes d'Alexis HK sont mis en valeur dans un ensemble de tableaux formant un ensemble très cohérent et visuel, à la croisée entre théâtre et chanson. D'ailleurs il assure très bien les parties de transition, maniant l'humour et l'auto-dérision pour contrebalancer des morceaux plus sombres de par leurs thèmes. Les musiciens qui l'accompagnaient sont au diapason, et on sentait que l'alchimie était là entre eux dans cette formule. La salle était comble pour cette première de la saison, et il s'est gentiment prêté au jeu de la rencontre dédicace avec le public après le concert.

Cent mètres papillon - Collectif Colette
 

100 m papillon est un spectacle qui m'intriguait et que j'avais malheureusement raté lors de la dernière édition du festival Mythos.

Maxime Taffanel, ancien nageur de haut niveau, est seul sur scène pour incarner Larie, un jeune nageur qui vise l'excellence et le championnat de France. L'acteur nous emmène alors dans la valse des entraînements interminables, avec ces gestes répétées jusqu'à l'épuisement, la perfection, et finalement l’écœurement. Il nous fait par ailleurs revivre une course de haut niveau comme si nous étions, entre le speaker enflammé et les concurrents se battant à coups de centièmes de secondes... 

La mise en scène est épurée à l’extrême, et pourtant on perçoit l'environnement des bassins et des contraintes qui s'y exercent comme si nous y étions. Le plateau est baignée de lumières changeantes recréant aussi bien le milieu aquatique que les interrogations intérieures de ce nageur prenant progressivement conscience du programme qu'on lui impose. C'est surement là une des grandes forces de Maxime Taffanel qui ne se contente pas de réciter son vécu, mais l'incarne dans une chorégraphie des gestes alliant la puissance physique des corps poussés dans leurs retranchements à une grâce qu'on ne s'attend pas à trouver chez un sportif. Un beau moment, avec un acteur talentueux et un parcours à suivre...

Lloyd Cole solo
 

Avant de pouvoir le voir sur scène Lloyd Cole n'était qu'un nom un peu lointain dans ma culture musicale, ce qui est assurément un tort... Dans les années 80 il s'est fait connaitre avec son groupe originaire de Glasgow, "Lloyd Cole & the Commotions". Aujourd'hui il présente cette tournée en solo, seulement accompagné de ses deux guitares folk. La finesse de son jeu est au service de ses textes, des balades aux textes ciselés dans la plus pure tradition des songwriters américains tels que Bob Dylan auquel on pense inévitablement. Pour autant nous ne sommes pas du tout dans l’imitation, son jeu et son interprétation respirent la sincérité et l'authenticité. Je ne pensais pas qu'il serait possible aujourd'hui d'entendre ce genre de répertoire avec autant de sincérité, comme un retour un arrière, mais sans nostalgie. C'était bien ! Une mise en scène épurée au service de l'interprétation, et c'était largement suffisant ! Un beau moment.

Aloïse Sauvage + Les Louanges
 

En ce début décembre Rennes accueille les Transmusicales, festival qu'on ne présente plus avec 40 éditions au compteur... A cette occasion L'Aire Libre accueille comme d'habitude un artiste en résidence. Les révélations ont été nombreuses par le passé, avec par exemple Stromaé, Jeanne Added, Yann Tiersen, Nakhané, Benjamin Clementine, Fishbach... Cette année le choix a donc été fait de laisser les clés à Aloïse Sauvage. Pari qui pouvait sembler audacieux, tant le projet s'est monté rapidement. Et quelle réussite... Il vaut mieux évacuer la question des étiquettes, concept qui n'a jamais paru aussi chiant qu'avec cette artiste. Personnellement je l'avais découverte en actrice dans "120 battements par minute", mais elle est aussi danseuse, circassienne, musicienne... 

Sa prestation était donc un mélange de tout ça. Ses textes sont mis en scène dans cet espace scénique qu'elle s'est parfaitement approprié. Ici il n'y a rien en trop, et les passages où elle ne chante pas laissent la place à la danse et à des passages aériens... Le plus étonnant c'est que tout s'articule parfaitement et contribue à incarner ses morceaux, rien en trop, rien d'indigeste, tout est fluide et s’enchaîne... La salle a clairement été scotchée par ce moment étrange, et la sensation de voir éclore une grande artiste.

En première partie Les Louanges, formé autour de Vincent Roberge, multi-instrumentiste en provenance du Québec. Le projet est original, je n'ai pas accroché sur tous les morceaux, mais certains plus funky ou au groove tranquille marqué de belles envolées de saxo marchaient bien.

Retour en photos, limitées pour Aloïse Sauvage (c'est dommage que les validations des productions deviennent de plus un parcours du combattant au vu de tous les smartphones sortis dans la salle...)

 
Claire Diterzi / L'arbre en poche

Pour commencer cette nouvelle année Claire Diterzi venait présenter "l'arbre en poche" à l'Aire Libre. Il s'agit d'une adaptation d'un roman d'Italo Calvino, "le Baron perché", qui évoque le choix d'un aristocrate qui décide à 12 ans de grimper en haut d'un arbre et de ne plus en descendre suite à un différend avec ses parents. La création de Claire Diterzi peut être qualifiée de pièce musicale. C’est en effet un véritable objet hybride entre opéra, musique contemporaine, conte, performances diverses en percussions, claquettes... 

Les tableaux s’enchaînent dans une mise en scène épurée (l'arbre est symbolisée par un échafaudage de chantier sans artifices) mais pleine de sens au service du récit et rehaussée par une très belle mise en lumière. 

Récit sur l'émancipation, on suit le cheminement de cet exilé aérien l'incitant finalement rejoindre le sol après diverses rencontres surprenantes... 

Encore un beau moment dans la programmation de cette saison, le public ne s'y est pas trompé puisque la représentation était complète bien avant la soirée.

Melanie de Biasio
 

Une seule photo pour ce concert de Melanie de Biasio, seule rescapée de la sélection faite par la production de cette artiste... Les règles imposées aux photographe sur certains concerts rendent le travail très compliqué parfois...

Mathieu Bauer - DJ set (sur) écoute
 

Avec DJ set (sur) écoute l'Aire Libre nous a encore proposé un spectacle très difficile à classer et décrire ! Entre le concert, le théâtre et la conférence, ce spectacle de Mathieu Bauer nous propose d'explorer la musique sous toutes ses formes. Sons, bruits, dialogues, paroles... Tout y passe ! Qu'est ce qu'y fait qu'on son va être plaisant à une oreille, totalement déplaisante à une autre ? Comment analyser les paroles d'un tube ? Entre ces réflexions les comédiens / chanteurs (aussi polyvalents que talentueux) interprètent une sélection de tubes de différentes époques, de Dalida à Kate Bush. Une balade musicale surprenante et passionnante, au-delà du mur du son !

 
Yannick Jaulin - Causer d'amour

Pour deux soirs Yannick Jaulin était invité à venir nous "causer d'amour" à l'Aire Libre. On pourrait dire que ce fils de paysan donne ses lettres de noblesse à l'art du conte ! Il explore ici l'amour à travers le prisme de sa propre histoire, pour aboutir à tout ce qu'il peut y avoir d'universel dans ce sentiment. Il passe aisément du drôle au tragique, entre causticité, tendresse et lucidité. Artisan des mots, du patois paysan à la digression scientifique sur le fonctionnement du cerveau, il nous emmène avec lui dans son exploration du sentiment amoureux. Et même si la solution n'est pas au bout du chemin, il était vraiment agréable de prendre la route avec lui ! Sur cette proposition il était accompagné de Morgane Houdemont (écriture, composition et violon) et Joachim Florent (contrebasse) dans une formule en trio parfaitement équilibrée.

 
Pièce d'actualité n°9 - Désobéir. Julie bérès

Dans le cadre du festival Mythos. Le portrait de 4 jeunes femmes, entre fidélité et refus du poids de l'héritage. Les rêves et les révoltes sont incarnés avec beaucoup de force par ces 4 jeunes comédiennes, une belle ouverture de festival !

Winter Family
 

Dans le cadre du festival Mythos. Ce duo est composé du musicien français Xavier Klaine et de l'artiste israélienne Ruth Rosenthal. Ils sont multi-facettes, puisque plus tôt dans l'année ils ont aussi présenté une pièce dans le cadre de la programmation de la salle. Ici c'est la forme du concert au sein du Cabaret botanique du Thabor qui était présenté. Des sons hypnotiques accompagnent les textes poétiques en plusieurs langues de Ruth Rosenthal.

 
J'abandonne une partie de moi que j'adapte

Dans le cadre du festival Mythos. Mis en scène par Juliette Lequette, écriture groupe NABLA. Cette pièce prend comme point de départ le film "chronique d'un été", réalisé par Jean Rouch et Edgar Morin en 1960. Cette première expérience de cinéma-vérité ("c'est quoi le bonheur pour toi ?") donne aux acteurs l'occasion d'interroger ces questions posées il y a presque 60 ans et de faire le lien avec notre époque.

 
L & Thomas Jolly - Un jardin de silence

Dans le cadre du festival Mythos. Thomas Jolly et Raphaële Lannadère s’emparent du répertoire mais aussi de l’histoire de Barbara pour créer un concert inattendu, aux superbes lumières et à la mise en scène soignée. Raphaële Lannadère incarne Barbara avec beaucoup de force et de conviction, c'est bluffant sans tomber dans la performance.

 
Thomas Fersen - "Mes amitiés à votre mère"

C'est à Thomas Fersen que revient l'honneur de clôturer cette saison 2018-2019. Seul sur scène, Il se présente dans une tenue de nuit bien anachronique pour interpréter son répertoire, et crée ainsi une ambiance particulière propice à la complicité avec le public. Au chant ou au piano, ses textes, bien connus du public présent dans la salle, propose souvent plusieurs niveaux de lecture... De quoi satisfaire les enfants présents ainsi que leurs parents ! Une belle conclusion pour cette saison que j'ai pu suivre quasiment dans son ensemble, merci à l'équipe de l'Aire Libre pour son accueil !

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