Aire Libre. Saison 2019-2020

Nouvelle saison à l'Aire Libre, très heureux de retrouver l'équipe pour essayer de retranscrire au mieux en photos les propositions auxquelles je pourrai assister.

La salle reste fidèle à sa tradition de partenariat, et accompagne différents événements de la vie culturelle rennaise : le festival TNB, les transmusicales et le festival Mythos. Le programme de la saison est disponible sur le site de l'Aire Libre.

De mon côté j'essaierai aussi de mettre quelques mots pour compléter mes photos ! 

Lancement saison 19-20-Aire Libre-Loewen
 
Annonce de la programmation

Soirée de lancement, tous les aperçus et descriptifs de la saison sont disponibles ici : programme saison

Ala.Ni
 

Ala.Ni a fait honneur à l'Aire Libre en ouvrant la saison de très jolie façon. Cette artiste, dans un mélange de fragilité et d'assurance, marche sur la ligne ténue de la grâce... On ressent beaucoup d 'humanité dans sa spontanéité, cette façon de s'interrompre au milieu d'un morceau pour partager un "boring" avec le public à propos du tempo de son morceau.... et de le reprendre plus rapidement ! Belle performance aussi de réussir à monter une chorale improvisée avec toute la salle, signe de l'adhésion et de la confiance qui s'était installé tout au long de la soirée. Un joli moment de partage et de musicalité délicate.

Nicolas Bonneau - "Qui va garder les enfants ?"
 

Ayant résolu de mon côté la question titre de la nouvelle proposition de Nicolas Bonneau, j'ai pris plaisir à le retrouver après son texte sur mai 68 l'année dernière. L'auteur-interprète s'attaque ici à la question épineuse des femmes en politique, de leur sous-représentation aux préjugés multiples qu'elles doivent affronter. Pour cela l'auteur convoque des souvenirs personnels à côté de figures connues de la politique telles que Ségolène Royal, Margaret Thatcher, Edith Cresson... La question du féminisme, de sa définition, est au cœur de cette proposition. Finalement le féminisme devrait être aussi transparent que l'idée d'égalité entre les hommes, mais le chemin est encore long pour que cette égalité soit une réalité entre les hommes ET les femmes... Un texte plein de justesse et qui mériterait déjà d’être vu par tous les hommes politiques...

 
Midi nous le dira - Cie Superlune

Dans le cadre du festival TNB et en association avec le festival Fragment(s), l'Aire Libre proposait cette étape de travail autour de la création de Joséphine Chaffin et Clément Carabédian. Nous suivons donc le parcours de Nadja, jeune fille rêvant d'intégrer l'équipe de France espoir de football. Il lui reste une heure avant les résultats, à midi, et décide d'enregistrer pendant cette attente ses réflexions dans une vidéo destinée à elle-même 10 ans plus tard. Les espoirs, la famille qui soutient, montre l'exemple, ou décourage selon les cas, le regard des autres... Les thèmes abordées nous emportent avec Nadja dans son attente, Midi si loin et si proche, là où tout est encore possible...

 
Banos Roma - Cie Teatro Linea de Sombra

Toujours dans le cadre du festival TNB, la compagnie mexicaine Teatro Linea de Sombra dirigée par Jorge Arturo Vargas a présenté à l'Aire Libre cette pièce, "Banos Roma". Il s'agit de l'évocation de la vie d'un boxeur mexicain, José Angel Mantequilla Napoles, qui fut champion du monde des poids welters à la fin des années 60. Mais plus qu'un documentaire ou une enquête, toute la mise en scène et le jeu des acteurs permet d'esquisser l'ombre de ce boxeur par touches successives, dans une construction progressive. A travers lui c'est aussi le Mexique et la ville de Ciuidad Juarez, une des plus meurtrières du Mexique et terrain d'affrontements des gangs et narcotrafiquants qui se dessinent sous nos yeux, à travers les bars, clubs de boxe, frontière avec les USA... Au final cette figure qui se dévoile sous nos yeux passe du souvenir à la mémoire collective...

 
Alex Beaupain - Pas plus le jour que la nuit

Pour ce concert c'est le magic Mirror du MeM à la Piverdière qui accueillait le talentueux Alex Beaupain. C'est la deuxième fois que j'ai l'occasion de le voir en concert et je me dis à chaque fois qu'il n'a surement pas la reconnaissance qu'il mérite, eu égard à son grand talent de compositeur... Du moins au delà de son cercle d'initiés qui lui est par contre très fidèle ! Les chansons sont sombres, les thématiques pas forcément gaies, mais ne tombent jamais dans le cliché ni la facilité du chanteur maudit ou de la chansonnette d'amour. En bonus il possède une très grosse dose d'auto-dérision, qu'il fait partager avec son public, gentiment chambré sur son age moyen ou sa provenance géographique ou autre, et ses musiciens,  le tout dans une complicité bienveillante. En bonus très chouette reprise de "Tombé pour la France" de Daho en fin de concert.

Lous and The Yakousa
 

Le mois de décembre à l'Aire Libre est synonyme de création des Transmusicales ! Cette année c'est Lous and the Yakousa qui a pu se produire pendant 5 jours, durée du festival, sur scène. Jeune artiste hyper talentueuse, au show déjà bien réglé, c'était vraiment une belle découverte que l'on reverra surement ! C'est Alber Jupiter qui assurait la première partie dans un style différent entre krautrock et rock psyché.

 
Hommage à Nougaro - Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle

Un "hommage à" ça peut faire peur, en mode réchauffé sans le talent du cuisinier original... En l’occurrence ici ce n'était pas du tout le cas ! Sans être familier de l'univers de Nougaro, à part ce qui relève des références communes (et il n'y a pas eu de "oh Toulouse" !), les 3 artistes qui se sont regroupés pour l'occasion m'ont permis de passer une belle soirée. Beaucoup de talents dans cette revisite du répertoire, saupoudrée d'humour et de petites anecdotes lors les intermèdes entre les morceaux, l'occasion de sentir toute la complicité entres ces 3 grands artistes. Chouette moment pour commencer l'année !

 
Adèle Zouane - de la mort qui tue

J'avais découvert Adèle Zouane avec son précédent texte, "A mes amours". Elle revient à l'Aire Libre avec un autre thème bien différent, puisqu'il s'agit cette fois de la mort ! Adèle nous rappelle gentiment notre sort commun et en joue pendant une heure, entre humour noir et réflexions personnelles. Ce n'est toutefois jamais plombant, et au final la donnée n'est de toute façon pas modifiable donc autant en rire !

 
Pépito Matéo - La leçon de Français

Comme Adèle Zouane, c'est la deuxième fois que j'ai le plaisir de croiser Pépito Matéo à l'Aire Libre. A l'occasion de sa nouvelle proposition, "La leçon de français", nous avions réalisé ensemble quelques portraits présents dans la galerie ci-dessous. Pépito Matéo est un artisan de la parole mais il ne l'utilise jamais pour de la virtuosité gratuite. Ici le point de départ est un imbroglio linguistique qui nous mène dans un centre de rétention administrative. L'occasion à travers les rencontres contées d'aborder la langue, les langues, les incompréhensions qui peuvent découler des perceptions différentes, des cultures, du vocabulaire... Le texte est ciselé, vif et dégage beaucoup d'humanisme. Poétique et engagé, Pépito Matéo nous invite avant tout à interroger nos propres représentations et peut-être aussi à écouter pour mieux voir ce qui est autour de nous, à la fois proche et lointain.

 
Guillaume Meurice - The Disruptives

Guillaume Meurice, chroniqueur bien connu de France Inter, nous arrive tout droit de la Défense avec son groupe de marcheurs pour nous vendre son pâté néo-libéraliste arrosé à la sauce start-up ! Il s'agit bien entendu de second degré pour distribuer des baffes à droite à gauche (plus à droite quand même !). Entre concert, sketch et vidéos le rythme est soutenu, le public en redemande, surtout quand Guillaume Meurice se paye la tronche de la salle ! En bonus le public a offert au groupe un "galette saucisse je t'aime", petit hommage au match de foot Rennes Nantes qui se jouait à côté et m'a fait rater les 30 premières minutes du spectacle grâce aux bouchons... Mais ça valait le coup !

 
Les naufragés - Emmanuel Meirieu

Emmanuel Meirieu vient présenter "Les Naufragés" à l'Aire Libre, deux ans après "Des hommes en devenir". Cette fois-ci il adapte le texte de Patrick Declerck, anthropologue qui a partagé le quotidien des SDF pendant 15 ans. Il en ressort un témoignage criant de vérité sur le quotidien de ceux qu'on appelaient encore les clochards, entre mendicité, alcool et recherche d'un lit dans un centre d'accueil pour éviter la nuit dehors. Le récit s'articule autour du sort tragique de l'un d'eux, Raymond. François Cottrelle, seul au micro quasiment toute la pièce, tient à bout de bras le récit, brut, poignant, dans une mise en scène assez impressionnante avec cette épave de bateau en arrière-plan. Cette pièce est dure, elle nous interpelle en nous rappelant la réalité de ce qui se passe dans nos rues, près de nous et pourtant si loin de nos quotidiens.

 
L'ïle - Compagnie Bajour

Sur une île non-répertoriée perdue au milieu des océans, des personnages se rencontrent. Ils ne se connaissent pas mais leurs vies vécues jusqu’au burn-out ou à l’échec les conduit finalement vers cette terre retirée du monde. Ensemble, en totale perte de sens, ils vont inventer une nouvelle façon de vivre.

Cette étape de travail, présentée par la compagnie Bajour, marquait la fin de la résidence au sein de l'Aire Libre. Malheureusement, sans que nous le sachions sur le moment, c'était aussi le dernier rendez-vous de la saison écourtée par le virus... Le monde culturel subit très durement cette crise sanitaire à travers les annulations et fermetures de festivals, concerts, théâtres, cinémas et les difficultés rencontrées par toutes les personnes concernées, notamment les intermittents. J'espère que toute cette diversité qui fait la richesse de notre offre culturelle ne disparaîtra pas à l'avenir. Quand à moi j'aurai plaisir à retrouver le chemin des scènes dès que ce sera possible !

Droits réservés Loewen photographie

cession de droits et vente de tirages

SIRET 829 212 950 00010

Mentions légales et RGPD

  • Black Instagram Icon
  • Black Icon Flickr